Ma patrie, c'est la langue française   (Albert Camus)
ALF
Cadre institutionnel
Et encore...
Traduisons le franglais !
 ↑  
Lettres de protestation
 ↑  
La Voix francophone

voix_francophone.pngVous voulez participer au débat ? participez au forum La voix francophone

Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

 ↑  
Réseaux sociaux
Nouvelles
nouvelles/campogrande.jpgL'élargissement a été un instrument d'anglicisation - par MAR le 20/10/2010 - 22:15
L'élargissement a été un instrument d'anglicisation
Nous reproduisons ici un entretien donné par Anna-Maria Campogrande, de l'association Athena* à Pascal Priestley pour TV5 Monde (18 octobre 2010)  

1) L'hégémonie de l'anglais (au détriment notamment du français) semble s'accentuer dans les instances européennes. Qu'en est-il réellement ?
Alors que depuis l’origine de la Communauté européenne jusque dans les années 80 le français était, de loin, la langue la plus utilisée pour la rédaction des textes originaux des services de la Commission, actuellement 75 % des documents sont rédigés en anglais (chiffres d’Europolitique), contre environ 8 % pour le français et 3 % pour l’allemand, le restant consiste en un mélange de toutes les autres langues. Ce fait porte atteinte non seulement à la France, à ses valeurs et à ses intérêts, mais aussi à tous les pays issus de la civilisation gréco-latine, y inclus l’Allemagne, l’Autriche et les pays de la mittel-europa qui ont été, de siècles durant, partie prenante de cette civilisation. Il comporte un détournement dangereux et inacceptable en ce qui concerne le modèle culturel européen, tout particulièrement en ce qui concerne le droit, dont la plupart des pays de l’Europe continentale plongent ses racines dans le droit romain et les codes de Napoléon.

2) Comment cela se traduit-il en pratique ? (anecdote ou fait marquant)
Ce virage vers le tout-anglais n’est pas du tout le fait d’un hasard ou d’une fatalité, comme certains voudraient le faire croire, il est le résultat d’une stratégie bien précise mise au point pendant le mandat du Commissaire britannique Neil Kinnock qui a été vice-président de la Commission et détenait un énorme pouvoir ayant été en charge de tous les services les plus sensibles au plan linguistique : Personnel et Administration, Service de Traduction, Informatique. Neil Kinnock, avec son pragmatisme anglo-saxon, a littéralement démantelé les services préexistants et leur mode de fonctionnement il les a, en partie, privatisés et a mis en place un nouveau système qui reste toujours en fonction.
L’appareil administratif des institutions européennes est une machine très sensible et complexe parce qu'elle doit tenir compte et respecter la nature "sui generis" de l’Union européenne qui n’est pas une quelconque organisation internationale. L’Union européenne légifère et rentre directement dans la vie du citoyen européen au quotidien, de ce fait, il est indispensable que le processus pour arriver à l’établissement d’une quelconque législation soit rigoureusement organisé pour permettre la participation effective de toutes les partie intéressées. Les pères fondateurs avaient compris cet enjeu et avaient organisé en conséquence les Services administratifs des institutions, notamment ceux de la Commission, complétés, parachevés et épaulés par des services linguistiques adéquats qui visaient l’excellence. Aujourd’hui il ne reste plus cette conception indéfectible d’une Europe "communautaire" démocratique et responsable envers tous les citoyens européens, l’Europe patauge et se fourvoie dans la globalisation.

3) Près de la moitié (selon mes statistiques) des fonctionnaires européens restent issus de pays francophones. Bruxelles est francophone. Comment expliquer que le l’anglais s'impose comme langue de travail ?

L’explication est très facile parce que nous ne sommes plus dans un système qui relève du rationnel, des règles applicables, du respect des engagements pris par l’adhésion au projet d’intégration, par la signature des Traités, nous ne sommes plus dans une démarche qui vise l’intérêt général. On a dérivé dans une stratégie néocapitaliste et néocolonialiste inspirée et dirigée par une culture différente qui veut imposer une seule langue, une seule culture et, surtout, une seule pensée. Même si, aujourd’hui, les Francophones ne constituent pas la moitié des fonctionnaires européens ils portent, néanmoins, une très grande responsabilité, non seulement, parce qu’ils ne réagissent pas contre l’anglicisation mais parce qu’ils se plient avec enthousiasme à cette mouvance "anglicisante".

4) Faut-il voir dans ce mouvement une conséquence mécanique des élargissements européens ou existe t-il des causes, disons, moins innocentes ?
C’est ce que l’on veut nous faire croire et c’est faux, en faits, l’élargissement a été utilisé comme arme d’appuis à l’anglicisation même si la grande majorité des pays de l’Est connaissaient davantage le français et l’allemand que l’anglais. Ce qui montre les difficultés profondes de la construction européenne lorsque les partenaires ne sont pas loyaux mais orientés uniquement vers la consolidation de leurs propres intérêts même au prix de la manipulation. A l’époque, il a été, en effet, décidé, tout à fait arbitrairement, que toutes les négociations d’adhésion devaient se faire en anglais. Certains pays de l’Est qui avaient préparé la négociation avec des experts nationaux pouvant négocié en français ont été renvoyés et il leur a été demandé de revenir avec de négociateurs pouvant s’exprimer en anglais. On se demande que faisaient-ils les Français à l’époque.
De ce fait, l’élargissement a été converti en un instrument, très efficace, d’anglicisation. Les nouveaux pays se sont sentis contraints d’afficher l’anglais comme langue de travail de crainte de ne pas pouvoir devenir membres de l’Union. Au delà de tout cela, il y a un filtrage très efficace au niveau de l’engagement des nouveaux fonctionnaires et agents.

5) Cet anglicisation de la machine européenne va-t-elle de pair avec une "anglo-saxonisation" de ses valeurs (politiques, économiques ou autres) ?
Bien évidemment l’anglicisation de la machine européenne va de pair avec son anglo-saxonisation, ce qui constitue le fait le plus grave, le plus préoccupant et le plus dangereux. Les institutions européenne sont véritablement prises d’assaut par une stratégie qui vise l’anglo-saxonisation de l’Europe par le biais d’une nouvelle forme de pensée qui veut tout uniformiser sur le modèle anglo-saxon mondialisé : droit et législation, statut des fonctionnaires, syndicats, etc.

6) Le mouvement est-il inéluctable ?
Le mouvement n’est pas inéluctable dans la mesure où nous sommes dans un cadre juridico-institutionnel, celui des traités, qui nous protège. Le traité de Lisbonne reconnaît aux États membres le droit à la protection et à l’épanouissement de leur langue, de leur culture et de leur identité mais il ne faudrait pas trop tarder à faire valoir ces droits et, même, à concevoir des stratégies pour les exercer dans toute leur étendue parce que, avec le temps, les droits non exercés finissent par devenir caduques.

* Athena est une association de fonctionnaires, qui vise la défense et la promotion des langues officielles des États Membres de l'Union européenne, créée en 2006 au sein de la Commission européenne dans l’enceinte et sous l’égide d’un groupe de syndicats.

Athena, c/o Action et Défense, Commission Européenne,  Joseph II 79  10/216 - 1049 Bruxelles - Belgique - Tél : [00-32] (0)2 29 92 224, courriel : Athena@swift.lu

lire également l'article de Pascal Priestley : "L'Europe en anglais" sur le site de TV5 Monde.


Rechercher
Rechercher
D'autres le disent aussi !
2009-2012

LesObservateurs Franglais, ce fléau contemporain

L. Leylekian – Chr. Boghos Do you speak européen?

Michèle Delaunay Le français est une langue africaine

France catholique Langue française malmenée

TV5 Monde Anglais au travail : abus dangereux

Agoravox Épinal : enfin le procès du tout-anglais ?

Sud Ouest : Le shopping, c'est en anglais

Rue 89 : Targeter, value, input : la novlangue d’HEC

Journal de Montréal "Ils sont crazy ces Français !"

Bruno Dewaele (La Voix du Nord) "Langue de la République ?"

A.Fr.Av : Langue française et anglicisation, sujets tabous !

Claude Hagège (L'Express) : Imposer sa langue, c'est imposer sa pensée

A.Fr.Av : Nicolas Sarkozy veut faire de la France un pays bilingue

Xavier Combe (France Culture) Comment résister à l'invasion du globish ?

Impératif français Anglais intensif au primaire: appel à la mobilisation citoyenne

Dominique Gallet (Marianne2) Langues : le tout anglais recule partout sauf à Paris

Figaro Écoles d'ingénieurs : la France séduit l'étranger

Marc Favre d'Échallens (Échos) : La souveraineté ne se partage pas : monnaie, langue, État

F. Taillandier(L'Humanité) La langue française doit faire des progrès

Benoît Duteurtre (Marianne) 5 ans de sarkozysme ont massacré le réseau culturel français

Le maire de Québec contre le tout-anglais à Paris

Marianne2 : Quand un général français préconise l'anglais

Chr. Lings : La résistance de la langue française face à l’hégémonie anglo-saxonne

Les Échos : Le FMI victime de son prisme anglo-saxon

Le Devoir : Québec doit s'activer pour protéger la langue

Nouvel Observateur : Les artistes français aiment-ils leur langue maternelle ?

AFRAV : Pour un patriotisme linguistique, plutôt qu'industriel

L'Humanité : La langue de la République est celle de notre liberté de pensée

Le Post : Alerte ! nos élites veulent faire disparaître la langue française !

Hélène Decommer Discri-mination ordinaire dans l'évaluation de la recherche

Krokodilo Un Comité stratégique des langues ?

Marianne Prosélytisme

François Cérésa Les couillons du franglais

Manuel de Dieguez Le naufrage linguistique de l’Europe

Claude Truchot L’enseignement supérieur en anglais véhiculaire

Rue 89 Le haut-le-cœur d'un Québécois face à l'anglicisation de la France

Benoît Duteurte (Marianne) Queer en VO à l'université

Jacques Julliard (Nouv. Obs) La princesse assassinée

Pascal Priestley (TV5 Monde) L'Europe en anglais

Bernard Cerquiglini (Cercle Les Échos) Le français, l’anglais et les autres

Le Temps (Genève) Non à l’aliénation linguistique du "business English"

Observatoire européen du plurilinguisme Mainstream, modèle économique ou hégémonie culturelle

Alain Juppé Confusion intellectuelle

Claude Hagège Une langue créative et universelle

François Taillandier L'avenir s'écrit aussi en français

Marianne La réponse de Jack Dion à Frédéric Martel

Marianne Michel Barnier et son "single market act"

Jean Quatremer
Responsabilité de nos élites dans la déroute de la langue française à Bruxelles

Bernard Gensane L’aliénation linguistique

Agoravox Comment les journalistes propagent clichés et endoctrinement en faveur de l’anglais

Voltaire République Voies de la déculturation à la française

JL Cuisiniez Hégémonie linguistique : pourquoi il faut résister

Enc. Francophonie Fatigue linguistique de la France

Aujourd'hui la Chine Télés chinoises interdites d'abréviations anglophones

Robert Charlebois (Figaro) Coup de gueule !

J. Quatremer (Libération) L'Union dont "l'espéranto" est l'anglais

Nicolas Dupont-Aignan Vive la Francophonie !

Claude Hagège : Identité nationale et langue française

Marianne : En Allemagne, le tribunal passe à l'english

La Provence : Le français file-t-il à l'anglaise pour satisfaire les touristes

Barroso, escroc linguistique !

Le Post : Le ridicule pour tuer les anglicismes

Yves Montenay (Le Monde) : Dieu est multilingue

Le Conseil Constitutionnel : pour le multilinguisme

Pr Chesney : Conséquences de l’anglais en économie et en gestion à l’Université

République ! : France Info carpette anglaise ?

Dolores Blanco Rodas : 10 bonnes raisons d'apprendre le français

JP Raffarin : Coup de gueule à Bruxelles

OEP : Faut-il parler anglais pour être européen ?

Le Monde A Bruxelles, le français file à l'anglaise

Agoravox (patrickk) Identité nationale : le vrai problème= l’américanisation

Michel Mourlet Perdre sa langue, c’est perdre son âme

P. Kaplanian Voici relancé le débat sur l’identité nationale !

CFE-CGC Il faut respecter l'identité nationale

Jacques Attali Le génie du français

Marianne Ces enfants et ces jeunes gavés de "globish"

Agoravox : Pour une autre politique des langues : celle de la liberté

Les Échos : Citroën "switche" sa com' sur le mode franglais

OEP : Le tout anglais ne désarme pas à Bruxelles

Michel Serres : Le français doit pourvoir tout dire

Correcteurs du Monde : Soirée colonisée à l'Aquaboulevard


lafauteadiderot.net : La place de la langue française au travail et dans la cité

Courriel : Association pour défendre la langue française

Bruno Dewaele (La Voix du Nord) "De carpette en tapis"

Alex Türk Quelle langue parler au sein des instances européennes ? (Le Figaro)

Le Monde Correction (V. Maurus)

Bernard Cassen Chantons en anglais !

Robert Solé (Le Monde)
By train

Noway Faut-il parler anglais pour être citoyen européen ?

Claude Hagège répond aux internautes de L'Express.fr

Philippe Herlin  : La langue française n’est pas ringarde, même en finance !

L'Alliance Francophone : pour le visa francophone

Satmag :
Neotion = all in english !

du Québec : Le calvaire d'un francophone en France

Robert Solé (Le Monde) French Republic

Abdou Diouf : Revendiquer la langue française

Francis Marmande (Le Monde) : Lourdés en anglais

Bloc-notes de Raoul d'Andrésy

 ↑  
Annonces

Aux lecteurs qui aimeraient organiser des récitations publiques ou privées d'œuvres de grands poètes français, nous proposons le talent et la voix chaude de notre administrateur Yvan Gradis.

"Diseur, Yvan Gradis se propose pour réciter bénévolement, au pied levé, l'un ou l'autre des 48 poèmes (durée maximale : deux bonnes heures) d'Apollinaire, Baudelaire, Carême, Corneille, Du Bellay, Éluard, Guillevic, Heredia, Hugo, La Fontaine, Lamartine, Mallarmé́, Nerval, Prévert, Rilke (en allemand), Sully-Prudhomme, Verlaine, Vigny. (contact : 01 45 79 82 44, 06 17 78 74 83)"

 ↑  

Avenir de la Langue Française - 34 bis rue de Picpus - 75012 Paris - avenirlf@laposte.net